Opposer industrie et écologie

Dans une récente interview, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État, estime « qu’opposer industrie et écologie conduit à une impasse »  car l’industrie n’est pas « le problème mais la solution ».

Comme de nombreuses personnes qui sont sorties d’une école de commerce, Agnès Pannier-Runacher est payée pour raconter les pires mensonges de merde à longueur de temps. Ces bouffons du capitalisme démocratique se défilent et se ressemblent, et laissent à croire que le stock est inépuisable. Les menteurs et menteuses professionnels sont visiblement fabriqués sur un modèle productiviste.

Tout écologiste sérieux, toute personne qui n’a pas été conditionnée totalement par l’idéologie marchande réalise vite que l’industrie n’est pas la solution mais le problème de la vie sur Terre. L’extraction, le transport, la production, la consommation, chaque étape de l’industrialisme détruit le vivant, met en péril la biodiversité.

Opposer industrie et écologie ne conduit pas à une impasse (sauf pour la secrétaire d’État et son monde) mais nous mène à la résistance. Il n’y aura pas assez de pantins conditionnés par HEC pour nous faire taire : Industrie et Écologie sont diamétralement opposées, fondamentalement antagonistes. Le capitalisme vert, une jolie fable qui fait beaucoup de mort·es mais de moins en moins de convaincu·es, essaye de nous entraîner avec lui dans sa chute.

 

 

La Secrétaire continue son délire « Fondamentalement, les industriels s’adaptent à une demande et la demande c’est nous. Donc nous sommes tous complices de cette manière de produire ». Non, les industriels ne répondent plus à la demande depuis presque un siècle, ils la créent eux-mêmes pour échapper à la baisse du taux de profit. La société de consommation est une société dans laquelle l’achat de biens de consommation est à la fois le principe et la finalité de cette société. C’est la façon dont le capitalisme tente de repousser ses contradictions, ses crises notamment provoquées par la saturation des marchés. Les industriels stimulent constamment le désir pour écouler leur production. Ils ont besoin de provoquer l’obsolescence, parfois techniquement, parfois légalement grâce aux normes, mais le plus souvent grâce à la publicité et à la mode.

Agnès Pannier-Runacher nous traite de complices, c’est la base du raisonnement d’un pervers. C’est valable pour n’importe quel schéma de domination, le dominant va avoir tendance à faire adhérer sa victime à lui-même, à son projet, ses valeurs, son système. Elle reproduit ce discours d’identification, ce discours d’oppresseur pour désactiver la résistance. Résister commence par sortir de ce modèle mortifère. Résister c’est arrêter de s’identifier au dominant. La libération des noir·es l’a compris, les Irlandais l’ont compris, le féminisme l’a compris, etc. et c’est au tour des écologistes de le faire. Arrêtons de nous identifier aux usines polluantes, aux centrales à charbons, aux mines pleines d’esclaves, car c’est bien de ça dont il s’agit quand on parle d’industrie. Les industries extractives sont responsables de la moitié des émissions de carbone et de la perte de plus de 80 % de la biodiversité, et la Secrétaire voudraient nous faire croire qu’il s’agit d’une solution ?

Comme elle le dit elle même dans son interview, « Quand vous prenez des gens pour des cons, vous n’êtes jamais déçus » une vraie parole de dirigeante. Mais le temps des conneries a trop duré. L’industrie, la civilisation industrielle est incompatible avec le vivant. L’industrie est une machine d’occupation qu’il faut démanteler par tous les moyens nécessaires. Dans cette guerre qui est menée contre la biodiversité, opposer industrie et écologie ne mène pas à l’impasse, mais force à choisir son camp.

 

Stagiaire Pied-de-Biche

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