RSA, la farce du contrat d’engagement

RSA, la farce du contrat d’engagement

Dans le cadre de son contrat d’engagement, un bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active raconte ses entretiens de contrôle.

 

“Vous êtes convoqué.”

 

Les agents de la bureaucratie rédigent des rapports sur notre activité, j’en écris sur la leur. On m’a appelé la veille de mon anniversaire, par surprise « Bonjour c’est pour votre contrat d’engagement RSA, je vous propose demain matin » Hein ? Quoi ? J’étais pas au courant et déjà non, demain c’est mon anniversaire y’a pas moyen. Je négocie le rendez-vous à trois jours plus tard, le temps de lire la loi. Je reçois une convocation par mail :

Madame, Monsieur, vous êtes actuellement bénéficiaire du RSA. (…) Notre association a été désignée comme référent RSA socioprofessionnel pour assurer la mise en place et le suivi de votre contrat d’engagement. Merci d’apporter lors de ce premier entretien (…) tout document que vous jugez utile.

Quand on reçoit un courrier si charmant, la politesse oblige à répondre :

Madame. J’ai bien reçu la convocation à mon enquête personnelle dans le cadre de la surveillance moderne des pauvres. Je serai bien évidemment présent jeudi matin en possession de mes documents en règle, pour la mise en place de mon propre dispositif de contrôle interactif. Je ne voudrais pas prendre le risque de « perdre mes droits », c’est fatal quand on en a si peu. Je vous remercie de me rappeler que rien n’est jamais acquis.

Les premier rendez-vous avec la police RSA se passent plutôt bien. Avec ma contrôleuse on a parlé de son job de mettre les pauvres en compétition entre eux et elles, de la naissance des premiers États… Au deuxième rendez-vous, je lui ai offert Libérons-nous du travail. Elle est « sympa », tout en gardant à l’esprit qu’une discussion avec quelqu’un qui a le couteau sous votre gorge est une drôle de situation, peu propice à la camaraderie. 

_ Est-ce que vous allez retourner à l’emploi ? 

_ Est-ce que vous allez me couper les vivres ? 

_ Laissons ce contrat de côté, est-ce que vous cherchez à sortir du RSA ?

_ Oui officiellement comme tout le monde 

_ Non mais franchement ?

_ Si je vous dis que 200 espèces sont détruites chaque jour par notre système, et que mes compétences se résument à en faire la propagande. Et si je vous dis que j’aurais pu ne pas me retrouver au RSA en acceptant l’offre d’une multinationale du luxe de faire sa pub, mais que j’ai refusé, est-ce que vous trouvez moral de me demander de sortir du RSA et moi d’accepter de servir de caution à un système mortifère ? 

_ Mais peut être qu’il y a des boulots en accord avec vos valeurs ? 

_ Je travaille tous les jours ! Mais je ne vends pas ce travail, là est votre problème. Vous ne voulez pas que je sois actif, je suis déjà très actif. Vous voulez avant tout que j’aille vendre mon travail et me faire exploiter, peu importe la nature écocide ou immorale de cette activité.

_ Mais la société vous donne du RSA, c’est normal qu’elle exige quelque chose en échange. 

_ Quoi vous êtes en train de dire que je suis inutile ? 

_ Non mais faut bien une contrepartie 

_ Alors déjà le RSA trouve sa source dans l’exploitation, qui est le problème fondamental, est-ce que vous demandez une contrepartie aux patrons et banquiers pour l’exploitation ? Et ensuite ce RSA ça nous sert tout juste à garder la tête hors de l’eau et encore… il permet de maintenir en vie la main d’œuvre de réserve, et toutes les “aides” partent dans le loyer, ou dans la consommation dont les entreprises ont besoin. Et on ne peut pas vivre sans consommer, mais je vais vous dire, si demain les régions coupent tous les RSA, qu’est-ce qui va se passer ? 

_ …

_ On va toutes et tous se mettre au boulot comme par magie ? Ben non. On va arrêter de payer les loyers et on ira chercher la nourriture là où elle est, c’est-à-dire dans les magasins. Le RSA est un outil de pacification sociale. Alors oui, vous pouvez agiter individuellement cette menace devant chaque pauvre, de leur couper les aides pour faire pression, mais vous ne pourrez pas arrêter le dispositif RSA pour tout le monde, ou bien c’est l’insurrection demain matin.

Malheureusement, la paperasse refait souvent surface. Et quand elle me dit « Bon ok mais voyons voir si vous ne pouvez pas développer votre activité » je dis « Ola vous voulez plus discuter ? Je crois qu’on n’a plus rien à se dire pour aujourd’hui il est l’heure que je rentre chez moi. À bientôt, et bonne lecture». 

Les entretiens sont une alternance entre le petit jeu de remplir le contrat et des moments précieux de discussions, parfois intenses comme quand je lui ai dit « Mais j’ai pas besoin de vacances puisque ma vie a un sens ». Elle-même doit remplir de la paperasse car elle se fait contrôler. Et quand il s’agit des budgets européens, la bureaucratie est infernale. Le premier jour je lui ai dit droit dans les yeux : 

_ N’oubliez pas une chose : tout le monde déteste le travail.

_ Non pas moi.

_ Ah bon vous aimez vous faire contrôler par la bureaucratie européenne et passer plus de temps à remplir des formulaires que d’aider les gens ? 

_ Ben non.

_ Eh ben voilà.

_ Je vois… Discuter avec vous c’est des petits moments de fraîcheurs parce que par exemple le monsieur d’avant sa situation est terrible. 

_ Mais justement ! Moi je m’en sors encore mieux que d’autres et c’est ça le problème, c’est pour les personnes comme ce Monsieur qu’il faut mettre fin au système !

_ Mais comment vous voulez mettre fin au système ? 

_ Eh bien déjà en vous parlant pour vous faire réfléchir à ça.

_ C’est tout ? 

_ On n’est pas assez amis pour que je vous raconte.

_ Non mais j’ai besoin de savoir si vous allez vraiment chercher un emploi pour savoir à quoi m’attendre avec vous. 

Je montre alors le contrat d’engagement, et pointe du doigt la page Sanction. Un schéma en cascade en présente la situation suivante : 

  • ABSENCE OU NON RESPECT DU CONTRAT

  • SANCTION

  • EXAMEN EN INSTANCE DE MEDIATION

  • RÉDUCTION PUIS SUSPENSION

  • RADIATION DU RSA

 

  1. Absence ou non respect du contrat
  2. Sanction
  3. Examen en instance de médiation
  4. Réduction puis suspension
  5. Radiation du RSA

 

Ce à quoi je m’empresse de répondre, avec enthousiasme “Ah ben oui évidemment que je fais tout mon possible !”

Je lui ai dit que j’en avais signé beaucoup des contrats, mais pas des comme celui-là. Où est la réciprocité ? A quoi s’engage l’autre partie ? À créer des emplois ? Mêmes les patrons ne peuvent pas créer plus d’emplois, même quand ils le promettent. Le CICE nous coûte déjà 100 milliards d’euros, et la promesse des 1 millions d’emplois créés n’a pas été tenue. Où sont toutes les policières RSA pour contrôler l’utilisation réelle de ce crédit d’impôt ?Donc moi je m’engage par ce contrat, mais pas l’autre partie ? Ou bien l’autre partie s’engage seulement à respecter mes droits ? Quelle blague ! Et si je fais défaut ou que je refuse, on me coupe les vivres. Dans un autre contexte, on pourrait appeler ce genre de contrat signé, couteau sous la gorge, extorsion. 

Heureusement, j’ai lu la loi avant d’aller au rendez-vous. Ils peuvent effectivement couper le RSA si on ne va pas aux rendez-vous et qu’on ne signe pas ou ne respecte pas son contrat. Par contre la loi ne dit rien quant au contenu du contrat. On n’est pas obligé de s’engager à quoi que ce soit de concret.Par contre, les gens qui ignorent la loi, humilié·e·s dans le petit bureau, peuvent signer n’importe quoi en ayant peur. Et c’est sur cet engagement signé qu’on justifiera ensuite de leur suspendre les prestations.

Si vous êtes dans la même situation, ne paniquez pas : Allez aux rendez-vous, signez pour faire acte de présence, mais ne vous engagez à rien de concret. Préparez une liste d’activités fantoches qui ne vous engagent pas réellement. Certaines personnes non informées s’engagent parfois à faire du bénévolat et se retrouvent contraintes dans cette situation de misère.Évidemment la police sociale RSA, c’est comme la vraie police, ils ne vous rappellent pas vos droits avant que vous preniez une décision qui engage votre liberté. Ils jouent sur l’ambiguïté, l’ignorance, le stress… Et de vous même vous dépassez le droit et participez activement à votre propre répression. Est-ce un abus de pouvoir ? Non car ce pouvoir-là est déjà un abus en soi.

Quelques chiffres à garder en tête pour se rappeler que tout ceci n’est qu’une farce, quand ils vous mettent la pression :

  • Coût du RSA ? Entre 8 et 10 milliards et c’est un droit
  • Coût de la fraude au RSA ? 153 millions et il y a de plus en plus de contrôles (35 millions en 2016). 0,36% des prestataires seulement fraudent, pour environ 30% de non-recours.
  • Coût de la fraude fiscale ? Au minimum 100 milliards, soit 650 fois plus que la fraude sociale. Il est de plus en plus facile de frauder le fisc et les contrôles d’examen de la situation fiscale personnelle se font de plus en plus rares (3613 en 2017)

Je pense que ma contrôleuse fait ce job pour nourrir ses enfants et aussi parce qu’elle croit qu’elle aide. J’essaye de lui montrer qu’elle n’aide pas mais qu’elle aiderait mieux ailleurs.Elle a ses petites victoires personnelles : des gens qu’elle contrôle et qui « retournent à l’emploi ». J’ai un peu cassé son rêve en lui disant que si tous les chômeurs acceptaient tous les jobs dispo (moins bien payés, loin, inconnus) il resterait 90% de chômeurs… Et on parle même pas des gens au RSA comme moi. Et aussi que 14000 personnes meurent en France chaque année directement à cause du chômage. Elle est complice d’un crime massif en nous mettant la pression et en nous humiliant. 

« Madame, cette société est criminelle. Elles sont où les cérémonies pour les travailleurs et travailleuses morts au chômage ? Ils et elles sont invisibles » 

Elle a pris une minute pour googler l’info quand je lui ai dit le nombre de décès. On a fait une petite pause. N’hésitez pas à énoncer ce chiffre à vos prochains rendez-vous, ça situe bien le contexte.

Ma policière sociale m’a remercié pour le livre offert, qu’elle a parcouru. Aujourd’hui, troisième rendez-vous, je n’ai eu aucune remarque désobligeante ou psychologisante sur ma prétendue « distance à l’emploi » ou contrepartie à fournir en échange du RSA. Absolument aucune. Ambiance détendue, propice à la plaisanterie. J’en ai donc profité pour approfondir le contexte dans lequel se passent nos entretiens.On a bien validé le fait que le capitalisme est une horreur historiquement située, et qu’il faut abolir le travail comme jadis on a aboli l’esclavage. On a validé aussi le fait que l’économie se débarrassant peu à peu des humains, il nous faut nous débarrasser d’elle en premier. On a parlé profit, valeur ajoutée, exploitation, surtravail, aliénation, division du travail, mondialisation, etc… quelque part entre l’abrégé du Capital et cet article. Bien sûr on ne peut que survoler, l’entretien est court. On a dit que les camps de travail nationaux capitalistes utilisent aussi d’autres méthode que le contrôle RSA pour mater la main d’œuvre, comme filer des bateaux à la Libye pour contenir ses esclaves. Que la violence est si omniprésente que nos habits sont fabriqués dans des maisons de torture.

Elle a dit que l’abolition du travail effraie, que les gens n’aiment pas le système mais ont peur de se lancer dans l’inconnu. J’ai dit qu’il y avait des exemples pour s’inspirer et que ça peut ressembler à de la gratuité étendue et organisation locale et soutenable des besoins.Elle a dit que je devrais diffuser des idées à ce sujet et éduquer car les gens sont endoctrinés par le système capitaliste depuis l’enfance, et que même si cette vie n’a pas beaucoup de sens, c’est le seul auquel se raccrocher pour l’instant. Oui bon, on avait fait le même constat de notre côté mais c’est bien de le rappeler.

Et puis voilà je pensais que la conversation allait se finir ici et que de toutes façons c’était trop tôt pour parler résistance. Mais elle m’en a donné l’occasion car le pauvre controlé suivant était absent. Je suis donc resté un peu plus longtemps ce matin. Elle m’a dit que les personnes contrôlées étaient en situation de souffrance (ah bon vraiment ?). Oui, j’ai dit, on souffre au travail et puis on souffre ensuite de ne plus en avoir, c’est toute la bêtise de ce système… Elle est choquée par la souffrance sociale, ça se voit. Elle est touchée par ces drames et elle veut vraiment faire quelque chose de plus personnel. Elle aime organiser des petits événements culturels ou des sorties, musée ou théâtre, pour « créer des occasions de reprendre confiance en soi ». Ce à quoi j’ai répondu :

_ Ok super, mais vous n’allez pas créer des emplois pour autant…

_ Non je ne vais pas créer des emplois, c’est vrai, mais les gens souffrent et ça peut leur permettre de sortir de leur isolement.

_ Oui mais leur souffrance (et les 14000 mort·e·s par an) provient en partie de la pression que vous leur foutez avec des contrôles RSA.

_ Justement, j’aimerais leur montrer qu’on ne fait pas que ça dans notre structure, qu’il peut y avoir d’autres moments, des opportunités de relever la tête, même si ça ne va pas forcément vers l’emploi. 

Je lui ai dit que c’était bien de mettre à disposition des spectacles gratuits pour les plus précaires, mais qu’elle avait beau enrober les contrôles sociaux (le bras gauche de l’État), ils n’en restent pas moins des contrôles. Cette souffrance qu’elle veut atténuer, elle la fabrique en partie.

Par contre… là où elle peut radicalement empêcher cette souffrance, à sa racine, c’est en profitant de sa position au sein de la bureaucratie. Pas seulement pour proposer des spectacles gratuits. Si elle a le pouvoir de radier les gens et de foutre la pression, elle a aussi le pouvoir d’être un grain de sable dans cette mécanique de répression, et d’alléger les souffrances des personnes tout simplement en mal faisant son travail.

17 Comments
  • Alexis A
    Posted at 15:04h, 01 octobre Répondre

    Dans quel monde on nous fait vivre … Révolution !!!
    Peut on partager un article de se site?

  • mathieu
    Posted at 18:42h, 12 septembre Répondre

    J’adore vos pensées et développements, c’est bien synthétisé les diverses pensées qui sont les miennes autour du rsa, donc merci de cette connivence ! Et hop un gnon dans la gueule de ce système !!! Ça fait du biiiennn!!

  • lilith
    Posted at 16:29h, 21 février Répondre

    Bonjour, je suis actuellement en conflit avec ma conseillère très zélée du pôle emploi. Elle m a d abord contacté par téléphone sans rendez-vous et m a laissé un message sur mon répondeur sur une proposition d atelier , j ai répondu aimablement par mail que je souhaiterais décaler ces actions en mai au vu du covid et de la situation actuelle. Elle a très mal pris mon mail et m a rappelé hystériquement afin de me menacer d avertissement, me reprocher de ne pas avoir cherché de travail pendant le confinement et tout ce qu elle pouvait trouver pour me casser psychologiquement et faire planer sur moi avec force jubilation la menace d une radiation alors que je suis toute seule, au Rsa et que ce système aberrant est un rouleau compresseur broyeur de l humain. De plus, elle a mis sa responsable de service qui bien entendue s est mise de son côté afin de la soutenir fortement contre la récalcitrante. Cette situation m a rappelé un souvenir traumatique intense de toutes ces années à me plier à leurs ordres, les refus des employeurs face à mes lettres de candidature, bref l horreur! J ai même appelé le pôle emploi dans un État de pleurs et de désespoir absolu mais que pouvait faire la personne qui répond aux appels. Elle a essayé de me rassurer face à cette possible radiation et m a dit que la directrice de l agence allait m appeler. Pas d appel et une anxiété épouvantable depuis une semaine face à cette situation. Je sais qu en ce moment il y a une chasse aux allocataires du Rsa par le gouvernement. J ai posé deux réclamations et c est la responsable de la conseillère qui m a répondu alors que mes réclamations étaient adressées à la directrice d agence . Aucune commisération à mon égard, j étais responsable de tout! Alors je n ai pas eu d autres possibilités que d accepter une des demande de la conseillère afin d avoir un accompagnement globale sociale, logement, emploi…. J ai la cinquantaine et ce système absurde qui dure depuis des années et des années est devenu un véritable enfer de Dante pour moi ainsi que de nombreuses personnes. Et qui pour nous défendre ? Personnes ! On prend les personnes au Rsa pour des parasites, des boucs émissaires des politiques et c est une boucle fermée. Toute tentative de rébellion est vaine et bon nombre d entre nous possédons des diplômes, et une capacité intellectuelle importante. C est une mise en esclavage organisé car on devrait avoir le choix en tant qu être humain de CHOISIR la réelle activité que l on souhaite exercer surtout avec 500 euros par mois, c est certain que comme disait un politique: les bénéficiaires du RSA qui vivent comme des rentiers! Alors oui c est une farce morbide afin d affaiblir les plus démunis d entre nous et on finit sa vie usée, abusée. La seule solution est le mental et le détachement face à ces entreprises de destruction massive du pauvre. Par ailleurs il y a une inversion: les pauvres ne sont pas ce qu on croit…
    Merci beaucoup pour votre article

  • Gaelle
    Posted at 15:23h, 20 juin Répondre

    Bonjour,

    D’abord merci pour cet article, il donne un peu d’air !
    Je suis pile dans cette situation…je suis au rsa alors que je fais une sorte de travail non rémunéré. Le rendez-vous arrive mais je ne sais comment esquiver l’engagement concret qui va m’être demandé de façon forcé. Les policiers du rsa ne sont pas tous comme celui que tu as eu et il me semble bien que maintenant le rsa peut etre coupé si deux fois desuite on refuse une proposition de travail sans motif valable ( je me doute bien qu’une ou deux fois il est bien possible de dénicher un motif valable mais sur la longue….). Qu’est-ce qui te semble être une liste fantoche ? J’ai bien des idées mais c’est pour cerner ton échelle du fantoche.

  • Moom
    Posted at 23:58h, 05 juillet Répondre

    Quel soulagement de lire cet article aujourd’hui.
    Je sors du fameux rendez-vous. J’ai tellement eu envie de pleurer.
    Je suis au RSA et fais de l’illustration et de la BD. Pour l’instant je doit gagner 1000 euros une fois par an. J’ai fait une simulation, si je déclare, en comptant l’argent que j’ai engagé et les cotisations, je n’aurait plus que 230 euros par mois, et même plus de quoi compléter avec ce que j’ai gagné (partis dans les cotisations et le remboursement de l’investissement), donc je travaille à perte. En bref, je me suis fait remonter les bretelles car je ne déclarais pas mes modiques somme gagnées sur Etsy (genre 20 euros par mois). Et on m’a un peu mis en garde. Mais quelle horreur !

  • méchant policier RSA
    Posted at 15:44h, 24 décembre Répondre

    Bonjour!!!

    Pour faire simple, je suis l’un des fameux « policier du RSA » que tu décris avec un tel dédain dans ton article. Je te rejoins sur la place de l’emploi dans notre société et les souffrances qu’il engendrent ou encore sur l’arnaque ultime du CICE. Je suis très intéressé à l’idée d’un revenu minimum (Benoit Hamon, petit ange parti trop tôt) pour sortir du tout travail et valoriser les activités bénévoles notamment.

    Pour autant, je trouve ton discours trop simpliste: tu critiques un système dont tu profites allégrement. Si tu ne souhaite pas être dérangé dans tes activités non rémunérée et bien ne demande pas l’assistance de l’état, tu verra tu ne sera plus embêté.

    .Le fait de travailler à la reprise d’un emploi est le minimum quand on perçoit une aide de l’état, qui plus est quand ce « non-emploi » est avant tout idéologique, te concernant, et non subit du fait de problématiques sociales.

    Pour conclure bon courage à ta référente pour supporter ton discours pseudo-révolutionnaire de petit bourgeois,

  • Alex
    Posted at 12:21h, 28 mai Répondre

    Merci pour cet article qu’exprime bien la souffrance que les policiers du RSA infligent aux bénéficiaires. Et si il y a des gens qui profitent du système ceux sont bien ces même policiers du RSA qui en se faisant l’image d’agents d’État pour le bien des miséreux ne cherchent que à trouver sa propre place dans le marche du travail en acceptent allègrement devenir les bourreaux de l’Etat..

  • Anonyme
    Posted at 02:55h, 21 juillet Répondre

    Un grand merci pour cet article qui donne un peut d’air a cet atmosphère oppressante ,j’ai rendez vous prochainement pour ce fameux entretien .Il est hors de question que je signe un engagement pareil .Le méchant policier RSA qui a repondu dans les commentaires plus haut a oublié de dire que pour pouvoir toucher ce rsa il faut ètre inscrit au pole emploi donc déjà suivi je vois pas en quoi on devrait s’engager pour un PPAE de plus ?est ce votre reponse a ce dispositif que vous trouvez inutile ?alors pourquoi proposer le mème ? la reprise d’emploi c’est une chimère tout comme le discours de votre grand chef ou il faut traverser la route pour travailler …la phrase de trop qui annonçait déjà cette guerre ouverte aux petits ,aux pauvres pendant que les riches ne payent pas d’impôts et qui sont censé créer de l’emploi l’effet du ruissellement qui n’a jamais fonctionné !Non le but etant bien de stresser les gens et mettre une pression supplémentaire et inutile d’ailleur ce dispositif existait déjà au temps du RMI comme les futurs projets d’obliger les gens de travailler pour garder leurs droits ou il y a eu de nombreux excès ! donc demain je vais renoncer a cette aide et refuser cet entretien car je trouve ces procédés indignes et je sais pas comment vous faites pour dormir sur vos deux oreilles en faisant un pareil boulot j’aurais honte a votre place a la lecture de cette phrase « vous profiter déjà allègrement ( def :agréablement, facétieusement, jovialement, joyeusement, gaiement, savoureusement, par plaisir) pensez vous que cette somme puisse permettre de retrouver tous ces adjectifs et de vivre dignement ?non et c’est bien le but pour qu’on en profite pas justement qui aurait cru qu’on s’attaquerait un jour a ça pendant que l’évasion fiscale représente 13 milliards contre 983 millions d’euros pour la fraude sociale .comme disait Gabin « salaud de pauvres  » Pour votre info votre police me saute dessus alors que je touche le rsa que depuis 1 mois et ça commence deja ! Si vous continuez ainsi ça va péter comme au temps des gilets jaunes car la marmite est en train de bouillir pendant que vos donneurs d’ordres ne savent plus quoi inventer pour faire semblant de donner du pouvoir d’achats comme le triplement de primes macron que personne ne touche pendant que des Français crèvent de faim ! Pour conclure il faut pas se cacher que vous faites un bien sale metier . Ce Monsieur a su dire non ….tout comme moi et d’autres suivront .ce qui vous agace je peux le comprendre car ça remet en question votre travail et sa finalité mais les gens que vous contrôlez ne sont pas tous bêtes ne vous en déplaise .

  • Anti agent smith
    Posted at 20:00h, 12 août Répondre

    Les Rdv au commissariat du rsa c’était la belle époque , aujourd’hui on vous flique des le premier mois de rsa au bout de 3 mois vous avez déjà une lettre de diminution du rsa alors qu’on ne vous a avertis de rien.

    On vous ment, on joue sur votre méconnaissance de la loi pour vous radier le plus vite possible et gardez un nombre d’allocataire constant certains ne seront jamais embêter ils font partie du ciment du troupeau qui ne dois pas croitre plus que leur chiffre decider en amont,

    Oui vous n’êtes tous que des chiffres n’en déplaisent au faux humaniste qui bossent là-bas il n’y a aucune différences entre vous et un robot bien pour cela qu’on souhaite vous remplacer par eux on sais jamais vous pourriez avoir une courte présence d’humanité assis sur vos bureau de décider de l’avenir de votre prochain

  • SoHam
    Posted at 13:03h, 15 septembre Répondre

    Un grand merci pour cet article ! Ça m’a permis d’aller au rdv en conscience, de ne pas me sentir en ligne de mire du système ni dans la position de celle qui se justifie, et enfin de savoir que l’inscription à Pôle Emploi n’est pas obligatoire. Avec le bagage de votre témoignage, j’ai pu connecter l’échange sur un plan plus humain, plaisanter, et même apprécier de croiser la route d’une personne amicale (dans ce monde -de- brut(es)).

  • Rodolphe
    Posted at 11:01h, 16 octobre Répondre

    Oui je touche le rsa et je l assume. Non je ne cherche pas un emploi, mon travail c’est la musique et tout ceux qui me suivent savent que je travaille dur. Mon but n’est pas d être au rsa toute ma vie mais de développer mon activité musicale jusqu’à ce qu’elle me rapporte suffisamment pour pouvoir en vivre. Je pense avoir assez de talent et être assez travailleur pour ça. Même si autour de moi il y a beaucoup de jalousie de trahisons de gens qui s’associent avec moi pendant un temps mais avec qui ça ne dure pas longtemps car il n’y a pas de loyauté dans ce milieu. Ces dernières années ça c’est plutôt bien passé j’ai pu sortir cinq albums faire des concerts et j’ai appris à me former à différents niveaux, je ne suis plus un simple chanteur je suis devenu compositeur, réalisateur, et ingénieur son.
    Mais depuis quelques temps ma référente habituelle a la mairie à décidé de me faire suivre par un centre de formation bidon ou mes rendez-vous consistent à venir signer un papier et me casser. En plus le centre est bien loin au moins 40 minutes de bus aller, 40 retours plus l’attente. Maintenant ils me demandent de faire un bilan de santé. Tout ça pour pouvoir prouver qu’ils ne font pas rien. Je vais donc devoir me taper une prise de sang chose que je déteste pour pouvoir continuer à toucher le RSA cet argent qui me permet de survivre à peine. Heureusement qu’à côté mon activité musicale rapporte. Mais pourquoi cette mascarade ? Pourquoi est on obligé de fliquer les bénéficiaires du rsa à ce point. Foutez moi la paix j’ai autre chose à foutre j’ai un travail que j’aime et qui se développe.

  • Olivia
    Posted at 07:42h, 18 novembre Répondre

    L’article commence à dater car nous sommes aujourd’hui en 2022 mais il en est encore très correct.
    Depuis 6 mois j’ai des rendez vous avec un des flics du RSA. En 6 mois, elle a contribué à me rendre malheureuse, elle m’a poussée à faire éclater mon couple (ce qu’heureusement je n’ai pas écouté) et me force à dire à ma fille « écoute maman travaille elle ne peux pas prendre de temps pour toi » .
    Je suis auto-entrepreneur, je travaille donc mais pas encore assez pour satisfaire le gouvernement, on me verse l’enormissime somme de 91,45€ par mois, parfois un peu plus, parfois un peu moins mais cela n’a jamais dépassé les 150€. Et pour toucher cette enormissime revenus on me demande comme à vous un contrat d’engagement dans lequel je n’ai aucune idée de quoi mettre puisque je travaille déjà!
    Ma très chère conseil-flic m’a dis à plusieurs reprises et en insistant fort bien que si je trouvais ce processus-flicage trop dur à supporter je pouvais très bien faire une lettre à ma caf renonçant à mes droits sociaux. Et elle insiste sur cela à chaque rendez-vous.
    Je trouve abjecte cette façon de faire, et j’aimerais avoir autant de répartie que vous, ou avoir un petit vous dans ma poche pour lui répondre.
    Je reparti mon temps de travail l’après midi de sorte que le matin je puisse vaquer à mes occupations, aider mes voisins, faire du bénévolat pour une asso ou deux, vivre tout simplement. Et elle s’évertue à me proposer des rendez vous l’après midi…!
    Elle m’a même dit que mon entreprise n’est pas viable, qu’on allait me la faire fermer pour que je retourne bosser (et être malheureuse comme la plupart des français. Je ne trouve pas de bonheur à bosser pour quelqu’un qui m’exploite et ne redistribue pas les richesses ou même me menace de licenciement si je n’exécute pas ses moindres désirs).
    Enfin voilà, bravo, et pour ceux qui vivent autrement et qui passent par là, résistez !

    Pour la personne qui a répondu en étant un membre de cette organisation bien rodée de flicage de la pauvreté: moi je paye mes charges, je paye mes cotisations, à hauteur de 23% du maigre salaire que je gagne, je paye aussi des impôts sur ça à l’année à hauteur d’un demi-salaire donc je pense que je ne profite pas GRATUITEMENT des aides, le jour où je toucherai plus, je payerai plus et personnellement je trouverai ça normal de contribuer vu qu’on m’a aider par contre si on refuse de l’aider pourquoi voudrais-Je aider mon prochain quand enfin j’aurais un salaire descend?

  • Melody
    Posted at 18:53h, 05 février Répondre

    Bonsoir
    Alors moi je me retrouve au rsa après une peride de chômage car mon contrat d accompagnante des enfants en situation de handicap dans une maternelle c est terminé car je n avais pas le droit de faire plus de 2 ans et ils ont donc donné ma place a une personne a qui il restait 1 an avant d aller en retraite.
    Et l enfant que je suivais( autisme) depuis 2 ans c est retrouvé totalement désorienté et perturbé.
    Donc je suis sortie de ses 2 ans avec une formation d aesh ,mais plus de boulot .
    Je vais donc au premier rendez-vous et là il me propose un contrat que personne ne veut depuis des mois pour nettoyer toutes les toilettes publiques de la ville.
    Et là je lui dis que je suis aesh et que j aimerai rester dans ce domaine ou alors minimum travailler avec les enfants dans les ecoles ou autres.
    Il inscrit sur mon dossier que je refuse..
    Et qu on va chercher autre chose ..( comme si j avais besoin de lui pour ça )
    Et le rendez-vous se termine là. .
    Et surprise 1 mois après je reçois un courrier qui me dis que le rsa va m être coupé Parceque j ai refuser de nettoyer les toilettes.
    Donc voilà ou j en suis .

    • stagiaire floraisons
      Posted at 10:04h, 07 février Répondre

      Merci pour ce témoignage, c’est une honte !

  • petit Lutin
    Posted at 15:03h, 07 novembre Répondre

    Bonjour agent smith Zero pointé pour Vous .. Moi je touches le Rsa et je pense en avoir le droit a vie ,,Ma Defunte Mére a cotisé des années et des années pour même pas 10 ans de retraite a peine car elle dead a meme pas 73ans !!! et mon Frere defunt a cotisé plus de 40 ans pour sa retraite qui ne sera jamais versé a peine 2 ans hi est dead a 64ans et tout les 2 sont décedés et on même pas touché 15ans de retraite chacun n en a profité que très peu ,,de leurs du ..Comment remboursez vous les gens ou Grande famille qui ont plus que cotisés toute leurs vie ??..donc je trouves normal d avoir le droit du rsa ..Ma famille a déja beaucoup payés pas loin de 75 ans de travail pour rien !!!! Gratuit Mrs… alors je pense que ma famille a le droit d avoir ce retour venant de la société !!!si on va dans votre façon les gens qui cotisent bcps , et si hi meurent assez tot sans touché la retraite et non aucun retour ,,,,Alors de la société c est super sympa !!!:( ce genre de discours enfoiré vous devriez écrasé ..Y a quand même de l abus dans ce pays a faire de l esclavagisme dans le travail pour rien et pompé pompé tant qu on peut ..travailler et crevé juste après voila ce que dit votre société :(( grrrgrrrrr

  • le dessert
    Posted at 10:41h, 14 juin Répondre

    Réponse à MÉCHANT POLICIER RSA, même si je ne suis pas l auteur du site,
    * » tu critiques un système dont tu profites allégrement. Si tu ne souhaite pas être dérangé dans tes activités non rémunérée et bien ne demande pas l’assistance de l’état, tu verra tu ne sera plus embêté. »*
    -On aimerait bien se passé totalement de l’état mais on nous laisse pas le choix, Aucune action n’est possible sans se faire racketter par ton système… Profites bien petit assassin, un jour il faudra que tu rendes des comptes.

  • wan
    Posted at 12:36h, 24 juin Répondre

    Bonjour,
    j’ai lu votre récit de parcour au sein du niveau dispositif rsa, je suis actuellement dans le même cas avec une référente rsa de l’organisme l ibep et la methode semble être la même, de nature je suis une tombe je parle pas ou peu en présence de controleur sociaux et ma référente dés le premier rendez vous s « est confié sur ses sois disant envie d aider les pauvres face à cette méchante machine capitalisme qui ne sert qu a écraser l’humain, elle m a également fait connaitre mes droits et mes devoirs en mentionnant bien sûr qu’ elle était attristé par le fait que les bénéficiaire n’ avaient quasi aucun droit , au deuxieme rendez vous même chose , je parle peu donc elle parle beaucoup, elle me dit rêver d’un monde basé sur du troc..bla,bla,bla en bref je vis la même chose que dans votre récit mais à l’envers, dans votre cas vous êtes la rebelle du systeme face à une référente consciente des problème, dans mon cas la référente devient la rebelle contre le systeme…tout ceci n’est qu’un jeu de dup, c est la méthode utilisé par les forces de l’ordre depuis longtemps, un flic gentil qui vous écoute et vous comprend (le référent rsa) et un flic méchant qui est répressif et qui est la pour faire peur (le systeme qui maintien ou pas le dispositif du versement rsa). j’ ai bientôt mon troisieme rendez vous et je compte camper sur mes positions de ne pas parler, dés le début j’ai été clair je me présente pour toucher le rsa, rien d’autre,les débat sur comment tourne le monde ne m’intérèse pas surtout lorsqu on a le sentiments de devoir POINTER régulièrement comme des pédophiles au commisairiat… pour le moment elle ne me radis pas mais je sais que ça va venir car leur faux débat psychologique sur la nature du monde n’a pas pour but de faire de vous des camarades ou de perdre du temps, les réferents on des objectifs et sont payés à la tête .

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