L’impasse citoyenniste de la Convention Climat (1/2)

Convention Cioyenniste Climat

L’impasse citoyenniste de la Convention Climat (1/2)

Nous connaissons désormais le résultat de la Convention Citoyenne pour le Climat. La CCC est une initiative proposée au gouvernement par le collectif des « Gilets citoyens ». Elle a été récupérée et utilisée par Emmanuel Macron pour tenter d’enterrer les luttes, au moment-même où la colère des gilets jaunes grondait dans les rues. Le “mouvement climat”, lui-même s’il rassemblait du monde, ne grondait de son côté pas franchement. Nous revenons ici sur cette initiative. Dans ce premier article, nous verrons comment la Convention Citoyenne pour le Climat a vu le jour. Nous regarderons quel a été son fonctionnement et quels problèmes pose cette nouvelle impasse citoyenniste. Dans un deuxième article nous analyserons plutôt le résultat de cette démarche.

 

1. Introduction

 

 

D’où vient la Convention Citoyenne Climat ?

En premier lieu, voyons comment est née cette initiative. Comme écrit sur le site de la CCC, elle est « le fruit des conclusions du Grand Débat national, d’une proposition du collectif “Gilets citoyens” et du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ». Le CESE est étant une espèce d’assemblée sans réel pouvoir qui peut être “saisie pour avis”, et qui incarne à elle seule de nombreuses tares de la “démocratie représentative” bourgeoise.

C’est donc à la base les “Gilets citoyens” qui ont proposé au gouvernement la création d’une Assemblée citoyenne tirée au sort et chargée de faire des propositions donnant lieu à un référendum. Proposition que le gouvernement a fini par adopter suite à une phase de négociations, en refusant néanmoins certains éléments voulus par les Gilets citoyens dans la mission que devrait mener l’assemblée. Il s’agit donc d’une démarche citoyenniste – comme le nom “Gilets citoyens” le met en avant –, c’est à dire l’idéologie qui met le citoyen au cœur du renforcement de l’État, comme un moyen de lutter contre le dérèglement climatique, la justice sociale, etc. Le citoyennisme légitime les institutions gouvernementales comme étant les seules à pouvoir régler le problème (dont elles sont pourtant à l’origine).

 

Qu’est ce qu’est la Convention Citoyenne Climat ?

Un article de Gaspard d’Allens pour Reporterre nous informe sur ce qu’a été la CCC. Premièrement, sa mission était de « définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990 ». Les propositions concernaient tous les secteurs dont le fonctionnement actuel contribue au changement climatique brutal. C’est-à-dire le transport, l’agriculture, la consommation, la production de nourriture, le logement, le travail …

Ensuite, les 150 citoyen·n·es ont été tiré·e·s au sort parmi plus de 250 000 personnes appelées au cours de l’été 2019. Sélectionnées selon leur profil sociologique, âge, sexe, secteur professionnel ou lieu de domicile, l’échantillon se voulait représentatif de la société en respectant ses proportions dans chaque critère. On remarquera que ce simple choix de critères est critiquable car loin d’être exhaustif. On aurait pu en rajouter de nombreux autres. En conséquence il y avait une majorité de femmes, de nombreuses personnes faiblement ou non diplômées, cinq jeunes de 16 à 17 ans, deux agriculteurs, 26 % d’ouvriers et d’employés et même deux anciens “sans domicile fixe”. 13% de ses membres habitent dans des quartiers prioritaires et 15 % dans des communes rurales.

 

“Démocratie représentative” est un oxymore

Pour autant, il s’agit toujours d’un principe de démocratie plus ou moins “représentative” et non de démocratie directe où tout le monde pourrait participer. L’expression “démocratie représentative” est en effet un oxymore : la représentation corrompt, les représentant·es ne sont pas compétent·es sur tous les sujets, les représenté·es sont maintenu·e·s dans la soumission, dépossédé·e·s du pouvoir d’action, et souvent trahi·es…

Dans nos méga-sociétés, la représentation est un moyen de pallier, nous dit-on, au fait que tout le monde ne peut être entendu·e et s’exprimer. Cependant, les mises en scène de participations citoyennes sont aujourd’hui utilisées pour légitimer des décisions gouvernementales. Si on voulait réellement garantir une autonomie et autogestion politique locale, il nous faudrait non seulement changer l’échelle des sociétés – l’échelle nationale a-t-elle vraiment un sens ? Mais il faudrait questionner aussi leur cadre (quid des enfants dans les processus de participation, quid des dominations de genre dans les prises de parole, des processus de décisions etc.)

 

Le fonctionnement de la Convention

Enfin, pour établir leurs propositions, les 150 citoyen·ne·s se sont rassemblé·e·s à six reprises : Cinq week-ends de trois jours et un week-end de deux jours, au cours desquels ils et elles ont auditionné des expert·e·s du climat, des membres d’associations, chef·e·s d’entreprise, syndicalistes, élu·e·s… Ceci, afin d’obtenir une base d’informations pour pouvoir délibérer de manière plus éclairée.

Pour essayer d’être à la fois critique et constructif, on peut dire que c’était une initiative intéressante. Elle partait de bonnes intentions, et a produit une expérience particulière tant pour les 150 personnes tirées au sort que pour les mouvements écologistes. Cette expérience est pertinente aussi que les personnes dans la société qui suivaient son avancement. Mais, sur le côté plus critique, cette initiative souffre d’une cascade de problèmes. La démarche qui a mené à sa naissance, les illusions idéologiques qu’elle véhicule, et ses résultats perpétuent un peu plus le système existant. Nous allons voir pourquoi elle constitue selon nous une impasse citoyenniste.

 

2. Les limites d’une démarche citoyenniste

 

Comme dit plus haut, la Convention Citoyenne Climat est née d’une volonté du collectif des “Gilets citoyens”, dont Cyril Dion fait partie. Un article de Reporterre dénonce des problèmes importants et met en lumière certaines limites dans la démarche de Cyril Dion et des personnes qui ont impulsé la création de cette Convention Climat. L’article est à nuancer puisqu’il s’agissait plus d’une négociation que d’une collaboration, même si la démarche s’en rapproche …

Pour résumer, le souhait des “Gilets citoyens” était de réclamer des débouchés concrets au “Grand débat national”. Une démarche qui peut en partie se comprendre en voyant la répression d’une extrême violence qui se déployait lors des mobilisations des gilets jaunes sans qu’il n’y ait d’issue perceptible pour sortir du carnage. D’un côté la résistance jaune n’était pas suffisamment organisée pour neutraliser la violence déployée par les forces de l’ordre et permettre un changement systémique profond, radical. De l’autre côté, il n’y avait évidemment pas de volonté de la part du gouvernement d’entamer une désescalade de la violence, bien au contraire.

Les membres du gouvernement n’ont cessé d’attiser la colère par leurs paroles, leurs actes et leurs choix. Ils et elles n’ont jamais reconnu la gravité des actes commis par bon nombre de policiers. Cela ne nous étonne pas puisque ces mêmes policiers ont permis de maintenir leur règne. Ils déchaînent une violence inouïe, blessent de nombreux·ses manifestant·e·s. Ils ont ainsi contribué à faire peur à beaucoup de monde pour décourager la contestation. Il s’agit d’une stratégie de terreur. C’est pourquoi , réclamer des changements aux mêmes personnes responsables de cette stratégie de la terreur est une voie sans issue et une démarche très critiquable ; on ne négocie pas avec un tyran.

 

Une proximité avec le pouvoir à la fois douteuse et risquée

 

Ce rapprochement avec le pouvoir démontre une amnésie de toute la violence que le gouvernement a déployé pour réprimer une contestation légitime. Et, d’une manière générale, un aveuglement à la nature de l’État : un système organisé de coercition qui engendre une très grande souffrance sociale à travers le monde et participe activement à la destruction du vivant. On ne s’adresse pas de la même manière à une personne ou une organisation selon ce dont elle est responsable.

En l’occurrence, avec ce gouvernement on imagine difficilement avoir des échanges relativement “neutres”. C’est le cas avec n’importe quel gouvernement étatique et autoritariste. Et c’est d’autant plus palpable lorsqu’on a vécu la répression des mobilisations des gilets jaunes. Pour beaucoup de militant·e·s, le gouvernement mérite d’être jugé pour de multiples actes et choix politiques ayant mené à d’innombrables souffrances. Il ne peut être traité comme n’importe quelle organisation lambda. Faire omission des exactions commises, c’est en soit un terrible manque de respect vis à vis des victimes de la répression.

Peut être était-ce un choix du collectif des “Gilets citoyens” d’adoucir son ton ? Voulait-il maximiser les chances que le gouvernement prenne en compte sa demande ? En effet, s’il avait été évoqué les multiples victimes de la répression d’État menée par le gouvernement pendant des mois et sa responsabilité dans ces crimes, les échanges n’auraient probablement pas été de la même nature.

 

Neutralisation de l’opposition

C’est là un point crucial. Il est important de souligner le manque d’offensive et le dédain pour ce qu’a fait le gouvernement dans les échanges ayant mené à la Convention  Climat. Car plus on veut être écouté en baissant ses gardes en adoucissant le ton, plus on risque d’être récupéré progressivement. Et finalement être corrompu par le pouvoir.

Ce sont des risques importants à prendre en compte pour notre mouvement. Il ne s’agit pas de dire que c’est complètement ce qui s’est passé ici. Mais les risques existaient et une relation non négligeable entre le pouvoir et le collectif des “Gilets citoyens” s’est établie. C’est une tactique clé du pouvoir étatique pour neutraliser l’opposition sans ternir sa propre image. Et tout en faisant une économie de moyens logistiques. Sur le sujet, voir le podcast d’Homo Ethicus dédié au livre La société ingouvernable de Grégoire Chamayou, qui parle des stratégies et tactiques de contre-activisme utilisées par les grandes entreprises, aussi utilisées par les gouvernements.

C’est notamment ce schéma que l’on retrouve dans la relation de l’État avec les grands syndicats du monde du travail et leurs “représentants”. Dans le cas de la CCC, il n’y avait pas de privilège et de place à défendre. L’intérêt de la démarche était uniquement de faire avancer les choses. Mais on peut souligner son inefficacité et les risques de cooptation. Les “figures” du “mouvement climat” sont en train de s’instituer progressivement en corps représentatif à l’image des grands syndicats. Or on sait à quel point ce genre d’organisations n’amène désormais pratiquement aucune avancée. Elle peuvent même trahir les causes pour lesquelles elles sont censées se battre.

 

L’attente envers les institutions et le gouvernement

Une autre impasse citoyenniste de la Convention Climat est l’espoir qu’elle place dans l’État. Il s’agit d’attendre quelque chose du gouvernement et des institutions du système politique actuel. C’est un espoir vain et malvenu. À la fois sur la question de l’écologie, mais sur tous les autres thèmes. Les personnes qui atteignent ce niveau de pouvoir – au gouvernement ou la plupart des députés de l’Assemblée Nationale -, ont un parcours généralement très similaire, en passant par l’ENA, SciencesPo… Elles baignent dans une classe sociale élevée depuis leur enfance.

Les “grandes écoles” façonnent leur vision de la société et leur conception de ce qu’elle doit être, les conditionnent idéologiquement au réformisme, au contrôle social. Ces personnes vont avoir tendance à penser que nous sommes dans une société qui fonctionne plutôt bien. Il suffirait alors de faire de légers changements pour résoudre les quelques problèmes mineurs qu’il y aurait ; où la population a le pouvoir parce qu’elle peut choisir ses maîtres, qui sauraient mieux qu’elle ce qu’il faut faire…

Mais au delà de ça, le cercle social dans lequel baignent ces personnes les aveugle complètement. Cela les déconnecte et affecte considérablement leur discernement et attitude vis à vis de la société. Ce qui rend donc quasiment impossible les choix qui permettraient les changements sociaux que nous voulons voir. Pour prendre l’exemple de l’écologie, il suffit d’observer ce dont Brune Poirson faisait la promotion dans la vidéo de la youtubeuse Enjoyphoenix où elle intervenait, qui relève de manière flagrante du greenwashing. Et même problème sur la question de l’effondrement et l’injustice du système actuel, comme l’a montré la réponse de François De Rugy lorsque Martin Bonis – co fondateur de l’association Aventure Nomade qui cherche à revaloriser les savoir-faire perdus au fil des siècles – l’a interpelé sur les risques d’effondrement systémique.

 

L’aveuglement des “élites”

Ces “élites” sont aveugles face à l’ampleur du problème et des changements radicaux qu’il faudrait opérer pour éviter le pire. Elles ne peuvent stopper le désastre socio-écologique actuel causé par système dont elles sont les gestionnaires. Elles ne peuvent pas être lucides car leur position sociale dépend justement du fait qu’elles ne le soient pas. Leur déconnexion, leur aveuglement et leur entêtement les rend très dangereuses. Ce sont elles qui disposent des moyens de coercition et qui choisissent de réprimer des contestations pourtant légitimes. Que ce soit pour la justice sociale – gilets jaunes, militant.e.s des quartiers populaires, mobilisations contre la réforme des retraites ou la loi travail -, ou pour le respect et la défense de la biosphère – mouvements écologistes, zadistes.

Tenter de raisonner les dirigeants est une stratégie hasardeuse. Elle nous coûte énormément de temps et d’énergie, ce dont nous manquons cruellement. Elle nous expose en plus aux risques de cooptation. Pendant ce temps là, ils maintiennent un système profondément injuste et mortifère par la violence. Donc, dans l’éventualité où des personnes souhaitent les raisonner, il serait bon de rappeler de quoi les membres du gouvernement sont responsables. Il serait aussi logique d’exiger au passage leur reddition. Ce qu’ils n’accepteront jamais au cours d’un échange courtois. Les dédouaner de ces responsabilités serait une énorme erreur autant qu’un profond manque de respect pour leurs victimes.

L’attitude d’attendre quelque chose du gouvernement ou du système politique actuel peut parfois pousser certaines personnes à intégrer le système. Elles espèrent ainsi pouvoir le changer de l’intérieur. C’est ce qui a été tenté par Nicolas Hulot – qui manque beaucoup de radicalité dans son analyse et ses convictions. C’est aussi la démarche de personnes comme François Ruffin. Mais cette tentative ne risque pas d’aboutir à de profonds changements au vu du système politique actuel.

 

Une soumission au bon vouloir des puissants

Il y a un dernier problème dans le fait de réclamer quelque chose du gouvernement et de l’État. C’est son pouvoir absolu de véto et de déformation d’une initiative, qui souvent la vide de toute son essence. C’était justement le cas pour la Convention Climat. Le gouvernement disposait d’une liberté totale dans son élaboration, en fonction de son bon vouloir. Par exemple, on apprend dans cet article que l’objectif de réduction de gaz à effet de serre était demandé à 50% par les “Gilets citoyens”, le gouvernement n’a retenu que 40%.

De même, le collectif voulait aussi une assemblée qui puisse débattre tant des questions de transition écologique que du référendum d’initiative citoyenne ou de la justice fiscale. Là aussi, le gouvernement a restreint le champ des possibles en cantonnant cette initiative aux enjeux d’ordre écologique. Il l’a même d’ailleurs réduite au problème du Climat, en écartant la question de la biosphère actuellement ravagée et exterminée. Autrement dit, investir beaucoup de temps, d’espoir et d’énergie. Et au final peut-être obtenir des miettes dont la quantité dépendra du bon vouloir du gouvernement.

De plus, le gouvernement peut effectuer des manœuvres pour corrompre l’initiative. En effet, il a nommé une lobbyiste de l’extractivisme minier – aux convictions bien marquées – dans le comité de gouvernance de la convention. Un choix loin d’être anodin qui sonne comme une volonté à peine dissimulée des lobbys. Les personnes impliquées dans la Convention ne sont pas forcément très politisées, donc peu préparées à leurs méthodes manipulatrices. Avoir un pied dans cette intiative permet donc aux lobbys d’assurer une forme de contrôle.

 

Une dépendance au Pouvoir

Reste à savoit si les propositions seront adpotées. Or leur application dépendent toujours principalement du choix du parlement ou du gouvernement – puisqu’il est seul à pouvoir déclencher un référendum –, ou du parlement. Ce qui revient à dire le gouvernement vu que la majorité au parlement est du même bord politique. C’est un schéma assez logique quand les élections législatives suivent les élections présidentielles dans la foulée. Autrement dit, les personnes qui proposent une initiative au gouvernement n’ont partiquement aucun contrôle sur sa mise en place. Et la prise en compte des résultats de l’initiative dépend complètement du bon vouloir du gouvernement.

C’est donc se soumettre à ses choix, ses intérêts, son agenda. Et quand les lobbys sont présents pour soumettre les politiciens à leurs volontés – quand les politiciens ne sont pas déjà disposés idéologiquement à suivre les recommandations des lobbys –, espérer qu’il en sorte de bonnes surprises relève de la croyance infondée. Et nous ne voulons pas faire reposer l’avenir du monde vivant sur des croyances hasardeuses.

 

 

Conclusion : éviter le piège citoyenniste

 

Ainsi, la Convention Climat constitue une nouvelle impasse citoyenniste – comme beaucoup d’autres – est problématique sur plusieurs points. Elle tend à établir une relation de collaboration avec le gouvernement, malgré ce qu’il représente, ce qu’il fait et dont il est responsable. Elle place ses espoirs dans l’action du gouvernement et de l’état, et se soumet à son bon vouloir.

 

Nous ne sommes pas en démocratie

Comment expliquer le choix d’une telle démarche ? Parce que les personnes qui l’entreprennent partent du postulat que nous sommes dans une “démocratie”. Mais pouvoir élire par le vote – même au suffrage universel direct – n’implique pas forcément que le système soit démocratique. Dans une démocratie, la population dispose du pouvoir, donc elle peut agir directement sur le fonctionnement de la société.

La plupart des régimes qualifiés de “démocratie” à l’heure actuelle sont seulement des systèmes électoraux. Ils seraient “représentatifs” car la population aurait le pouvoir simplement par le fait de choisir ses maîtres parmi quelques options. Même si chacune de ces options est différente, elles ont toutes des limites. Toutes les personnes qui ont une chance de gagner les élections ont un profil bien particulier. Elles disposent de moyens gigantesques et doivent avoir la sympathie des médias marchands pour espérer toucher du monde. Ce prétendu “choix” n’est qu’une illusion bien façonnée et orchestrée.

La population n’a pas le droit de décider elle même de ce qui la concerne. Elle doit déléguer cette fonction à des personnes qui disposent d’une culture accessible seulement lorsque l’on évolue dans un certain contexte social. Aux représentant·es des intérêts de groupes dominants. Ces personnes cherchent à plaire et à sécuriser leur propre position plutôt qu’à réellement changer les choses. Nous ne sommes pas en démocratie, nous sommes en oligarchie, à la fois aristocratique et ploutocratique. En réalité, ce système représente et justifie les intérêts des riches, des patrons, des industriels, des capitalistes. Il est une gestion des conflits d’intérêts qu’ont entre eux les puissants. Ni ses institutions ni les infrastructures techniques actuelles ne permettront vraisemblablement un changement révolutionnaire.

 

Dépasser l’organisation sociale actuelle

Certes, dans une société à 60 millions de personnes, il est impossible d’écouter tout le monde. Mais n’est-ce pas justement un point crucial du problème ? N’est ce pas que l’échelle est bien trop grande et que ces méga-sociétés effacent la possibilité d’un pouvoir politique réparti ? Ne faudrait-il pas chercher à s’organiser le plus localement possible ? Pour redonner de l’autonomie politique aux membres d’une société, laquelle serait ainsi décentralisée en micro-sociétés autonomes et autogérées ? C’est là un autre cul-de-sac politique de cette démarche. On assiste à une absence d’envie de changement profond dans la société, une ambition limitée au réformisme. Nous verrons ce point dans la deuxième partie consacrée à l’impasse citoyenniste de la Convention Climat.

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