Résistance pour les repas de Noël !

Les stagiaires lutins de Floraisons se sont activée.e.s pour vous faire un petit cadeau Noël.

 

Pour les longs repas de ces fêtes de fin d’année où nous allons pour beaucoup subir les petites remarques sexistes de l’oncle alcoolisé, les conseils du cousin startupeur ou encore les inquiétudes d’un patriarche voila quelques pistes de réponses pour mettre à mal leurs argumentaires et poursuivre tranquillement les repas à base d’animaux morts…

 

« Les hommes aussi souffrent du patriarcat »

Mais bien sûr, et les colons sont aussi des victimes !!!

Le terme patriarcat provient du fait que l’oppression des femmes « fait système ». Les discriminations que subissent les femmes ne sont pas naturelles mais au contraire sont généralisées et socialement construites. Regardons au delà des cas singuliers et des réalités de chacun.e, les hommes peuvent souffrir des représentations de la masculinité aujourd’hui, mais cette société construite par et pour eux n’en fait pas les victimes principales.
Pour rappel : 80% des victimes de viol sont des femmes. 70% des agressions sexuelles sont faites par un membre de la famille. 75% de l’argent des villes va dans des infrastructures utilisés par les hommes. Les femmes consacrent 50% de temps en plus que les hommes au travail domestique en 2010. Posez une feuille sur la table et demandez un dessin de clitoris et de pénis, faites les comptes.

 

« Il y a des flics qui sont très bien »

Mais oui, des mafieux aussi il y en a des biens, les pauvres c’est la faute du parrain !!!

Idem sortons des cas singuliers et analysons l’institution policière. La police est la force de l’ordre établi, de l’État, qui orchestre la destruction systémique des plus pauvres et du vivant. La force est l’outil de légitimation des politiques mises en place pour permettre cette destruction. Finalement, une personne qui execute les ordres de l’Etat à beau être la plus intègre et bienveillante, les besoins de l’État sont destructeurs, et cette personnes, par son travail, effectuera des actions destructrices.
Adieu l’idéal démocratique, bonjour le flashball. Le sang coule chaque samedi depuis un ans dans les rues et depuis des années dans les banlieues, derrière chaque arme il y a un cerveau qui décide de presser sur la détente et donc porte la responsabilité de la destruction d’un œil, d’un bras, d’une jambe, d’une vie.

 

« Les femmes aussi elles tuent leurs maris »

C’est vrai, mais visiblement pas assez vu que les hommes se croient tout permis !!!

Alors que les colleuses affichent dans nos rues la réalité des assassinats des hommes sur les femmes, on refuse de voir l’aspect systémique de ces meurtres. Les femmes sont tuées car femme, c’est le genre qui fait le motif, ce qui n’est pas le cas inversement. Rappelons que depuis le début de l’année 148 femmes ont été tuées délibérément par leurs conjoints ou hommes proche, et ce chiffre ne comprend qu’une partie de la violence physique subie par les femmes.

 

« Tu ne peux pas critiquer l’État et prendre son argent »

Et toi vas embrasser ton patron !

L’argent de l’Etat c’est d’abord celui de l’exploitation. Donc ce serait plutôt à l’Etat de ne pas prendre notre argent, et aux patrons de ne pas nous exploiter.

Les activités porteuses de sens sont rarement rémunératrices, à l’inverse de la destruction. Nous sommes contraints de composer avec le monde capitaliste, nous ne pouvons nous exclure du système. S’il est possible de retrouver des parts d’autonomie vis à vis de certaines sphères de la société, il ne nous semble pas intéressant de chercher la perfection (en mode ermite des bois), au détriment d’une lutte et d’une construction pour toustes. Ce n’est pas une fin en soi et ne nous empêche pas de lutter contre et de construire autre chose : de construire un monde où l’argent ne sera pas maître.

 

« Nous avons besoin du nucléaire »

Et la planète a besoin que t’arrête des conneries !

La notion de besoin nous semble toute relative. Avons nous réellement besoin d’un nouveau mixeur X3000 et d’un grille pain à led bleue fluo ? La question du mix énergétique est bien secondaire, commençons d’abord par poser celle des besoins. Rappelons également que l’argument « le nucléaire est une énergie décarbonée » est bien limitée. Les engins de destruction des mines et les cargos ne fonctionnent pas encore grâce au chant des moineaux, mais bel et bien au pétrole. La question des déchets reste encore bien tabou.
Par ailleurs, tenir un discours critique vis à vis de la technique ne fais pas de nous des primitivistes. Simplement, le nucléaire ne peut pas être une énergie démocratique. La question de « l’efficacité » de nos sources d’énergie ne peut (et ne doit surtout) pas être le seul critère de choix.

 

« Vivre autrement que dans un système capitaliste n’est pas possible »

D’accord donc toi t’es anthropologue et moi je suis devin !!!

Le capitalisme n’a pas toujours existé. Aujourd’hui encore il existe des sociétés qui vivent différemment (tant bien que mal, car la culture dominante massacre chaque jours les écosystèmes nécessaires à leur mode de vie). Si notre imaginaire se trouve bien limité, phagocyté entre 2 spots de pub et 8 notifications facebook, la main invisible du marché n’a pas toujours régi nos relations sociales, nos codes culturels, nos rapports aux vivants.
Des ailleurs et des autrements se dessinent un peu partout, un peu plus chaque jour : du Chiapas au Rojava en passant par des tribus de chasseur.euse.s cueilleur.euse.s, mais aussi juste à côté, dans nos ZAD, sortons des villes et allons à la rencontre des gens qui font, qui sont, qui créent et inventent d’autres formes d’exister pratiquement et politiquement.

 

Jérôme Baschet, Adieux au capitalisme
Noémie Renard, En finir avec la culture du viol
Valérie Rey-Robert, Une culture du viol à la française
Mathieu Rigouste, La domination policière
Les couilles sur la table

 

Steme & Schultz

 

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