Podcast (1-16) : Jauniversaire : Rond-point des luttes



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Cela va faire un an que les Gilets Jaunes montrent leur détermination à ne plus se laisser dominer par un système mortifère. Il s’agit de faire politique autrement pour la dignité de tous et toutes. Il s’agit de démanteler le capitalisme moribond qui détruit la planète et asservit les espèces. Il s’agit de refaire commun, société, de créer des solidarités, de libérer des espaces de la domination économique et de l’État.

 

À quelques jours de la date anniversaire du mouvement nous retransmettons et signons l’appel à une convergence écrit par Désobéissance Écolo Paris, Radiaction et YFC Paris.

« Le 16/17 novembre, c’est l’anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes. Depuis un an qu’ils existent, le mouvement climat et le mouvement des Gilets Jaunes communiquent, convergent, discutent, même s’il y a parfois des incompréhensions. Après les tentatives avortées de se rejoindre et de manifester ensemble le 21 septembre, le 16/17 est une nouvelle occasion de nous mêler dans la rue, de discuter, et de fêter dûment nos anniversaires respectifs (le mouvement climat a recommencé à prendre de l’ampleur en septembre 2018). »

Floraisons a à plusieurs reprises appelé à une convergence des écologistes vers le mouvement des Gilets Jaunes. Les écologistes doivent rejoindre et être solidaires des luttes sociales. Et pour toutes les personnes qui diraient que les Gilets Jaunes ne sont pas écolo voici un extrait de l’Assemblée des Assemblées de Saint-Nazaire sur l’impératif écologique que nous devons tous et toutes affronter. Le mouvement des Gilets Jaunes se positionne clairement du côté de celles et ceux qui luttent pour la préservation du vivant :

« L’Assemblée des Assemblées des Gilets Jaunes prend acte de l’urgence environnementale, sociale et démocratique. C’est la même logique d’exploitation infinie du capitalisme qui détruit les êtres humains et la vie sur Terre. La limitation des ressources nous oblige à poser la question de leur partage et du contrôle de la production. Les dérèglements climatiques, l’effondrement de la biodiversité et le péril nucléaire sont autant de menaces qui pèsent sur notre avenir. Les biens communs (eau, air, sol, droit à un environnement sain) ne doivent pas être transformés en marchandises. La taxe carbone est l’exemple parfait de la fausse écologie punitive qui cible les gens qui ne sont pas responsables. Or il y a des responsables et des pollueurs à qui s’attaquer directement par des actions coordonnées. Les Gilets Jaunes invitent toutes les personnes voulant mettre fin à l’accaparement du Vivant à assumer une conflictualité avec le système actuel, pour créer ensemble, par tous les moyens nécessaires un nouveau mouvement social écologique populaire. L’indignation ne suffit plus, passons à l’action ».

Revendiquer une écologie populaire c’est déjà rassembler, en s’adressant au plus grand nombre, autour de la préservation du vivant. C’est refuser de faire de l’enjeu de l’écologie un outil de domination des classes les plus riches sur les plus pauvres, des hommes sur les femmes, des blancs sur les personnes racisées. Affirmer une écologie populaire, c’est être radicalement en opposition au système d’oppression et de domination de l’État et du capitalisme.

La quatrième Assemblée des assemblées a été un véritable succès, près de 500 délégué·es venus des 200 groupes locaux et ronds-points se sont rassemblé·es du 1er au 3 novembre à Montpellier pour débattre des suites du mouvement et des thématique essentielles. C’était un moment très fort. Faire politique ensemble, créer et expérimenter l’autonomie, réfléchir et construire la lutte et le mouvement. Les assemblées sont des espaces de création des communautés de lutte. Voir autant de Gilets Jaunes exercer les tâches que leurs assemblées respectives leurs ont attribué·es (alors qu’ils et elles n’ont aucune capacités particulières pour les exercer) est un véritable signe de la vitalité politique et démocratique de ce mouvement. L’assemblée populaire des Gilets Jaunes est une expérimentation, une prémisse, et peut-être un des piliers fondateurs d’un autogouvernement émancipateur.

Pour l’occasion nous sommes parti·es en balade à Montpellier pour l’Assemblée des assemblées afin de prendre part à celle-ci et d’en rendre compte. Désolé pour le son, on a eu des problèmes techniques, voilà ça a été enregistré sur le terrain avec les moyens du bord. L’écoute n’est pas optimale mais on trouve que les témoignage ont vraiment beaucoup de valeur. Pour terminer ce podcast voici l’appel pour la grève du 5décembre voté majoritairement de manière consultative (car les Gilets Jaunes n’étaient pas mandaté.e.s pour le faire).

« L’AdA réunie à Montpellier ce jour estime, après une année de mobilisation acharnée, que la situation est à un tournant. L’heure est à la convergence avec le monde du travail et son maillage de milliers de syndicalistes qui comme nous, n’acceptent pas. Il faut un rassemblement du peuple français dans toutes ses composantes : paysan[·ne·]s, retraité[·e·]s, jeunes, artistes, personnes en situation de handicap, petits artisan[·ne·]s, ouvrier[·ère·]s, chômeur[·euse·]s, précaires, travailleur[·euse·]s du public comme du privé….

Nous avons cette occasion à saisir, à partir du 5 décembre, date à laquelle des centaines de milliers de travailleurs seront en grève et en assemblées générales pour la reconduire jusqu’à la satisfaction de nos revendications. L’AdA de Montpellier appelle les Gilets Jaunes à être au cœur de ce mouvement, avec leurs propres revendications et aspirations, sur leurs lieux de travail ou sur leurs ronds-points, avec leurs Gilets bien visibles !

La défaite du gouvernement sur sa réforme des retraites ouvrirait la voie à d’autres victoires pour notre camp. Tous [et toutes] dans la rue à partir du 5 décembre, en grève ou sur le rond-point ou en action de blocage ! »

La grève n’est pas seulement un moyen de paralyser le système, elle est aussi le moyen de suspendre le cours de nos existences aliénées par le travail, elle est le moyen de se retrouver tous et toutes, d’occuper véritablement nos lieux et nos espaces, interrompre les rythmes et les cadences du travail pour retrouver d’autres temporalités bien moins aliénantes.
Cependant la grève n’est pas suffisante, Jérome Baschet souligne dans « Une juste colère » que les antagonistes au système capitaliste ne se trouvent plus seulement dans la sphère de la production mais aussi dans la finance et le marché mondialisé, la circulation, le bénévolat etc. Il faut donc envisager une diversité de stratégies d’action : grève, blocage, retrait de la consommation, suspension de l’ordre social (grève des femmes).
Cessons de lutter pour les miettes d’un système, envisageons des ailleurs et des autrements.

Pour terminer cette longue balade nous finirons par les mots de Jérôme Baschet :

« Vive la digne rage de celles et ceux qui ne sont rien !

Dehors Macron et autres apprentis-jupiter !

Mort au système inique, destructeur et inhumain qu’ils servent !

Vive la puissance du peuple qui se soulève et s’organise par lui-même et pour lui-même ! »

 

Lors de cette AdA, Floraisons était présente sur les ondes de Radio GI.NE en partenariat avec La Mule Du Pape et Rapports de Force

Lien du live : https://radiogine.fr/evenement/assemblee-des-assemblees-des-gilets-jaunes-04/

Aussi Floraisons a participé à une rencontre avec plusieurs Gilets Jaunes ainsi que les médias Sanglier Jaune, Demos Kratos et Cemil choses à te dire.

Lien du live en entier : https://www.youtube.com/watch?v=kscDdknUzRM

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